Un point sur l'anxiété

L’anxiété est un état mental de trouble et d’agitation, avec un sentiment d’insécurité indéfinissable, une peur sans objet.

Il s’agit d’une émotion souvent ressentie comme désagréable,  un état d’inquiétude psychique, qui correspond à l’attente plus ou moins consciente d’un danger ou d’un problème à venir. On peut la définir comme une réaction excessive mais passagère à une situation ressentie comme une menace.

L’anxiété est un mécanisme naturel qui, aux origines, nous aidait à survivre.  Le déclencheur est une pensée, un contexte, une impression, une incertitude…

A ce moment-là, le cerveau émotionnel s’active autour de l’amygdale qui n’est plus régulé par le cortex préfrontal (la raison). Cette domination du cerveau émotionnel sur le cerveau rationnel provoque des réactions viscérales avec la libération d’adrénaline et de cortisol dans le corps.

L’anxiété est un phénomène normal, présent chez tous les individus.

Lorsqu’elle prend  un caractère excessif et pathologique dans différentes situations, on parlera alors de troubles anxieux.

L’anxiété peut s’avérer un phénomène utile quand elle attire l’attention sur des dangers réels ou des situations à risque : le souci, l’inquiétude servent alors à prendre des précautions pour éviter ces risques.

Elle ressemble au stress. En effet, certains symptômes sont comparables, tels que l’agitation, une sensation de boule dans la gorge ou d’oppression thoracique.

Le stress est naturel, et s’enclenche dans une situation qui nécessite une adaptation (faire face à une situation, un changement), l’anxiété est apparentée à une émotion.

En fait, l’anxiété peut être la conséquence d’un stress prolongé, où la personne se met à appréhender toute situation imprévue comme une menace.

Les symptômes:

Quelques symptômes physiques:

Fatigue.

Troubles du sommeil. Maux de tête.

Etourdissements. Nausées, diarrhée.

Palpitations cardiaques. Sensation d’étouffement.

Transpiration excessive, bouffées de chaleur ou frissons.

Pression sanguine élevée. Tremblements.

Serrements et douleurs au niveau de la poitrine.

Symptômes psychologiques fréquents:

Difficulté à se concentrer.

Sentiment d’inquiétude (parfois permanent).

Les Thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont souvent préconisées car leur efficacité est reconnue pour ces pathologies.

Il existe plusieurs techniques de TCC:

- des techniques de respiration et de relaxation qui permettent de mieux gérer les angoisses et de les prévenir, la Sophrologie et les séances de relaxation seront une aide précieuse. De simples techniques de respiration diaphragmatique ou autres techniques de détente favorisant le lâcher-prise, sont très prometteuses dans l'accompagnement des troubles anxieux. L'hypnose et la méditation sont aussi conseillées.

- des techniques comportementales qui exposent à des situations redoutées pour mieux les appréhender et les dépasser.

- des techniques cognitives qui se concentrent sur les pensées irrationnelles anxiogènes pour les modifier.

Chiffres clés:

Selon la Sécurité sociale, les troubles anxieux touchent 2 fois plus les femmes que les hommes.

Ils touchent environ 15 à 21 % de la population à un moment ou un autre de leur vie.

La fréquence est variable pour chaque maladie appartenant aux troubles anxieux, la plus fréquente étant la phobie spécifique. On parle de troubles anxieux, lorsque l'anxiété s'installe dans la durée, et crée une souffrance telle qu'elle perturbe durablement la vie quotidienne.

Les troubles anxieux graves constituent une maladie psychique fréquente qui perturbe fortement la vie quotidienne. De nombreux facteurs psychologiques, biologiques et environnementaux peuvent favoriser leur survenue. 

Troubles anxieux fréquents:

  1. L’anxiété généralisée (caractérisée par de l’inquiétude ou la crainte persistante sans motif réel ou véridique. 5 % de la population).
  2. Le trouble obsessionnel compulsif (caractérisé par des idées ou des pensées anxiogènes répétitives et persistantes. 2,5 % de la population).
  3. Le trouble panique (caractérisé par des périodes de panique extrême de façon répétée. 1,5 à 3,5 % de la population).
  4. L’état de stress post-traumatique (caractérisé par la répétition des rêves ou de souvenirs d’un événement traumatisant. 1 à 14 % de la population).
  5. L’agoraphobie (caractérisée par la peur des endroits publics. 0,6 à 6 %).
  6. La phobie sociale (caractérisée par la peur d’être embarrassé dans des situations sociales. 3 à 13 % de la population).

L’anxiété devient pathologique dès que son degré est démesuré par rapport à la situation, aux circonstances extérieures et que la personne anxieuse ne contrôle plus son angoisse. Les médecins parlent aussi de trouble d’anxiété généralisé (TAG) si l’anxiété est présente la plupart des jours de la semaine pendant au moins 6 mois

Personnes à risque:

Personnes ayant subi des chocs intenses : accident, conflit, attentats, échec.

Les femmes, le risque de souffrir d’anxiété est supérieur à celui des hommes.

Personnes avec des cas d’anxiété dans la famille (facteur héréditaire).

Personnes ayant souffert d’abus (traumatismes) pendant l’enfance.

Personnes dépressives, névrosées ou souffrant de maladies telles que la schizophrénie par exemple.

Personnes souffrant de maladies cardiovasculaires (avec ou sans infarctus).

Personnes au système respiratoire fragile (asthmatique).

Personnes qui abusent de médicaments du genre excitants (amphétamines).

D’autres médicaments dont l’utilisation est abusive peuvent également provoquer des crises d’angoisse : barbituriques, anxiolytiques.

Personnes qui consomment beaucoup d’alcool ou des drogues.

Personnes stressées dans leur vie quotidienne (travail, vie privée).

Anxiete durable

Une bonne respiration abdominale et consciente est essentielle à la diminution de l'anxiété:

La bonne respiration est une respiration abdominale. Il s'agit de la respiration saine et naturelle, qui consiste à contracter le diaphragme, En se contractant, le diaphragme augmente le volume des poumons afin d’aspirer l’air. Et comme ce diaphragme descend, il masse les organes du ventre en les repoussant vers le bas. 

La respiration ventrale et consciente favorise la détente et la relaxation. Elle permet d'abaisser l'anxiété et le stress et de mieux gérer nos émotions. L'hyperventilation (respirer vite) est liée à l'anxiété. C'est un cercle vicieux, une mauvaise respiration entraine de l'anxiété, et l'anxiété entraine une mauvaise respiration... Apprendre à respirer correctement, c'est à dire plus lentement et de façon plus ample, et avec le ventre, va vous impacter votre cerveau pour le calmer. Quand nous sommes anxieux, notre cerveau est incapable de se reposer ou de se déconnecter. Nous sommes dans l’attente de ce qu’il purrait se passer, à l'aff^t du danger, et nous ne pouvons pas rester tranquilles.

Respiration abdominale

Dr Lionel Coudron, médecin généraliste, cofondateur de l'association Médecine et Yoga:

"Le grand intérêt de la respiration est d'abaisser l'anxiété et le stress. La respiration permet une gestion des émotions. L'hyperventilation est liée à l'anxiété, à l'émotivité. Plus vous êtes ému, plus vous respirez vite. Et plus vous respirez vite, plus vous êtes anxieux, plus vous êtes ému. Ce n'est pas tant la ventilation qui est importante mais la fréquence respiratoire. La fréquence détermine l'anxiété. Il faut abaisser cette fréquence : plus vous respirez lentement, plus vous respirez amplement. Cette fréquence abaissée va impacter le cerveau pour le calmer. Il faut reprendre le "volant" de notre respiration pour permettre de calmer la respiration".

"Pour sa contrôler sa respiration, il faut s'entraîner préalablement car il n'y a rien de pire que de vouloir contrôler sa respiration durant une période de stress, car elle va nous échapper et on va être encore plus anxieux étant donné qu'on n'y arrive pas. La respiration nécessite un entraînement. Une respiration lente va permettre d'apaiser cette émotion. Et pour respirer lentement, le plus simple est d'associer la respiration à un mouvement. De cette manière on va donner de la concrétude à la respiration qui sera alors plus facile à manier."

Une mauvaise respiration, c'est-à-dire thoracique uniquement, crée des angoisses:

La respiration haute est moins facile, moins aisée, car l’air a plus de mal à ressortir qu’en respiration ventrale où l’expiration est aidée par les muscles abdominaux. Si vous respirez uniquement avec le haut du thorax, il en résulte une sensation d’oppression, de blocage, voire d’étouffement. Cette sensation désagréable peut entraîner une angoisse. Et cette angoisse accentue la respiration haute qui accentue l’oppression. Un cercle vicieux s’installe. Vous pouvez en arriver à la crise d’angoisse ou crise de panique.

Cet article est rédigé par Bérangère ATAYI - GUEIT, sophro-relaxologue, 06 03 51 60 20

 

Sources, bibliographies et autres liens utiles:

Anxiété. Les tribulations d’un angoisse chronique en quête de paix intérieure, Scott Stossel, Belfond Editions.

Psychologie de la peur : craintes, angoisses, phobies, Christophe André, Odile Jacob.

Surmonter vos peurs, vaincre le trouble panique et l’agoraphobie, Dr Jean-Luc Emery, Odile Jacob.

Petites angoisses et grosses phobies, Christophe André,Seuil. 

Jean-Luc Ducher, Vaincre son anxiété par soi-même, Odile Jacob. 

Unafam est une association reconnue d’utilité publique, qui accueille, écoute, soutient, forme, informe et accompagne les familles et l’entourage de personnes vivant avec des troubles psychiques, http://www.unafam.org/

Par Lindsay Holmes, pour Le HuffPost:

Santé: l'anxiété peut avoir de graves conséquences.

C'est bien évident, personne n'aime être stressé ou anxieux, mais lorsque l’anxiété devient chronique, son impact varie de simple souci à véritable risque pour votre santé. Que votre épisode anxieux soit un événement isolé dû à un stress élevé ou que vous fassiez partie des victimes d'un trouble anxieux chronique, votre réaction physique à cette émotion peut avoir beaucoup plus d'impact que vous ne le croyez. Voici les impacts que l'anxiété peut avoir sur votre santé, que ce soit lors d'un bref épisode ou d'une longue bataille à finir. La réaction initiale de votre corps à l'anxiété pourrait inclure...

Problèmes de gorge. Cette voix grinçante et enrouée qui semble avoir pris le contrôle de vos cordes vocales est une réaction immédiate à une situation de stress. Lorsque des sentiments anxieux s'installent, votre corps redistribue ses fluides à des endroits plus essentiels, ce qui provoque un spasme des muscles de la gorge, ce qui entraîne un resserrement qui rend la déglutition difficile.

Des réactions hépatiques. Lorsque le corps subit l'assaut du stress et de l'anxiété, le système surrénal produit une quantité importante de cortisol, l'hormone du stress. La présence en trop grande quantité de cette hormone provoque une plus grande production de glucose par le foie dans le but de fournir de l'énergie en vue du réflexe dit "combat-fuite". Chez la plupart des gens, cet excès de glucose peut être réabsorbé par le corps sans trop de souci, mais pour les gens prédisposés au diabète, cet excès de glucose pourrait entraîner des effets néfastes sur leur santé.  

Réactions cutanées. Ces sueurs froides ou ces joues rougies sont un signe immédiat que votre corps réagit à un stress, et cela est causé par des changements dans votre flux sanguin. Lorsque nous sommes anxieux et que notre corps se met en mode "combat-fuite", celui-ci redirige une plus grande quantité de sang vers les muscles, un réflexe très utile lorsqu'il est nécessaire. Toutefois, si cette réaction dure trop longtemps ou qu'elle se produit trop souvent, elle peut entraîner diverses réactions cutanées, dont notamment un vieillissement prématuré, une sudation inhabituelle, et même une augmentation des histamines, ce qui peut provoquer des enflures. Selon le University of Maryland Medical Center, des épisodes sévères de stress ou d'anxiété peuvent même provoquer des crises d'eczéma.

Une rate active. L'anxiété n'affecte pas que les organes les plus évidents comme notre cerveau ou notre coeur. Elle affecte également les organes qui ont une fonction interne comme la rate. Afin de fournir plus d'oxygène au corps, la rate sécrète une plus grande quantité de globules rouges et blancs. Dans ce processus de réaction, votre flux sanguin augmente de 300 à 400% en réponse au réflexe "combat-fuite".

Muscles tendus. Lorsque l'anxiété s'empare de vous, le corps se crispe de façon naturelle, ce qui peut taxer les groupes de muscles les plus importants. Le stress ou l'anxiété chronique peuvent exacerber cette tension, ce qui entraîne des maux de tête, des épaules raidies, des douleurs au cou et parfois même des migraines. Les gens constamment stressés sont d'ailleurs plus à risque de souffrir de troubles musculosquelettiques chroniques.

 

Effets anxiete

 

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